Forum de la société Civile : Le destin de notre Tunisie passera t-il par le développement de l'économie sociale ?



Le Forum Tuniso-Français de la société civile s'est tenu le 30 et 31 mars 2012. L'équipe Surf'n'Taste s'est rendu à cet évènement qui va devenir incontournable pour la vie associative en Tunisie. 
Organisé par neuf associations, ce forum fut un succès, plus de 1000 personnes étaient présentes (associations, intervenants, organisateurs...). 


En nous promenant dans le village associatif, on ne peut rester indifférent à cette jeunesse tunisienne rayonnante et impliquée dans la vie associative du pays. 
Cette jeunesse est se sent concernée par les questions de citoyenneté, d'environnement, protection de l'enfance et des femmes, de sensibilisation face aux maladies etc ... L'ambiance dans ce village était une ambiance bon enfant entre les différentes association, il semble que la valeur commune de ce forum est le mot réseau et construction d'une société civile unie.
En parlant de société civile unie, une des conférences donnait les grandes lignes pour l'essor de l'économie sociale. On ne peut que se réjouir de la qualité du débat qui a été tenu et qui a permis de comprendre les valeurs pour lesquelles la société tunisienne s'est révoltée en 2011.
2011 était l'année de la jeunesse tunisienne, l'année de la révolte, l'année du ras le bol !
Le slogan de la révolte tunisienne était : emploi, liberté et dignité !

La jeunesse tunisienne est descendue dans les rues pour revendiquer la dignité et celle ci s'obtient entre autre par le droit à l'emploi, n'oublions pas, actuellement (officiellement, on vous conseille de lire le livre de Cyril Grislain KarrayLa prochaine guerre en Tunisie) en Tunisie on a 700 000 demandeurs d'emplois dont 200 000 qui ont fait des études supérieures !). 
L'injustice régionale est aussi un des motifs qui a poussé la jeunesse des régions internes (Sidibouzid, Kasserine etc..) à se révolter en 2011.

La séance plénière était donc un moment important pour évoquer le développement de l'économie sociale et solidaire dans les pays du nord mais aussi la façon dont cette économie peut être envisagée dans cette Tunisie post révolutionnaire. 

Pour ce qui est de la Tunisie, Said Aydi ministre de l'emploi (ex ministre) a été très clair, en disant qu'il ne fallait pas être dans une situation passive et en attente d'un geste de l'état. La jeunesse de ce pays a participé activement a évincer Ben Ali mais la jeunesse de ce pays ne construit pas actuellement le destin de ce pays, Said Aydi a déploré le manque de participation de la jeunesse tunisienne aux élections du 23 octobre 2011. 

L'intervention de Said Aydi est une bouffée d'oxygène qui appelle à réconcilier la jeunesse (y compris la jeunesse des régions internes) avec le destin citoyen de notre Tunisie. Son intervention fait échos aux valeurs pour lesquelles la jeunesse tunisienne s'est fortement impliquée dans les révoltes de 2011.

Cette séance plénière, permet donc de remettre les choses à leur juste valeur, en redonnant confiance à la société civile, en lui demandant d'exercer une pression positive sur l'état, afin que l'humain et la jeunesse tunisienne soient mis au centre de toutes les préoccupations politiques pour ne pas que les révoltes de 2011 soient un échec ! 

Les axes de réflexion sont nombreux, et l'excellente intervention de Jean Marc Borello, Délégué Général du groupe SOS a été très remarquée, après avoir rappelé que 10 % des travailleurs français exerçaient dans l'économie solidaire, Mr Borello a insisté sur les outils qui pouvaient être déployés en Tunisie pour développer l'économie sociale. 

Parmi ces outils, la synergie entre les entreprises et la société civile, car les moyens financiers jouent le rôle de catalyseur dans l'économie sociale. Concernant cette synergie nous trouvons l'idée excellente, mis à part qu'il y a un phénomène de méconnaissance partiel voir total des deux cotés, il faut noter qu'il existe des cabinets de conseil qui peuvent jouer le rôle d'intermédiaire entre les entreprises et les associations.
La micro finance, est également un outil qui a été développé dans la mesure où le financement de micro-projet joue un rôle de démocratie économique !
L'entreprenariat social, est l'outil qui nous semble le plus pertinent à nos yeux, il crée de la richesses en relevant trois défis : économique, social, et environnemental. 
Ces outils nécessitent des formations, de la maîtrise, tout en comprenant que le but est de trouver une alternative face à un modèle économique capitaliste qui renforce l'injustice sociale. 

Actuellement la Tunisie est en période de rupture, la société civile doit profiter de ce moment afin de prendre une longueur d'avance pour sensibiliser et former la jeunesse tunisienne à la création d'un nouveau modèle économique "social" basée sur une meilleure répartition des richesses. Cette économie alternative doit émerger et se professionnaliser dans cette Tunisie post-révolutionnaire. 

Surf'n'Taste






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