[interview] Sonia Hamza Lamri nous présente Djerba Autrement !



Besoin de vacances en Tunisie ? Plusieurs choix s'offrent à vous, est ce que ça vous dirait de faire du Tourisme d'une autre façon ? En faisant appel à une agence de voyage "originale" ....
Nous avons interviewé Sonia Lamri (Directrice Commerciale) de Djerba Autrement et c'est notre façon de vous faire découvrir le Sud Tunisien sous un autre angle différent.

Pouvez-vous nous présenter votre agence ? Pourquoi le nom comporte il « autrement » ?

Notre agence existe depuis 2008, elle a été créée suite à l’envie de développer un autre tourisme, un tourisme proche de la vie locale, que j’aime à appeler un « tourisme de proximité ». L’idée est simple : à force de s’arrêter sur le bord de la route pour prendre en charge des « routards » qui voulaient découvrir la vraie vie djerbienne, les emmener hors des sentiers battus, leur faire goûter la nourriture locale, nous nous sommes dit « mais personne ne le fait ! », c’est cette richesse qu’il faut partager ! Pour la petite anecdote, je me souviens d’avoir même fait goûter de la « zommita » dans la cour de notre « houch familial» et avoir invité des touristes au mariage du village qui ne demandaient que ça, découvrir Djerba autrement. Le nom était donc naturellement trouvé. Nous sommes d’ailleurs devenus amis ! C’est ce qu’il manque aujourd’hui au tourisme, de l’humanité et du partage.
Le créneau occupé par votre agence est le Tourisme Alternatif, quelles sont les spécificités de ce créneau?
Je m’interroge encore sur l’appellation de ce  tourisme dit alternatif, car nous sommes des professionnels du tourisme tout court. Nous avons juste à cœur de proposer une approche plus locale et plus humanisée que ce qu’a offert le tourisme de masse jusqu’à présent en Tunisie.

Cela passe donc par :

des hébergements à taille humaine : hôtels de charme et surtout des maisons d’hôtes. Type d’hébergement qui a pu se développer sur le pays et qui offre un accueil local de qualité, personnalisé, au petit soin pour les clients et qui permettent de faire découvrir leurs univers, tous différents, de prendre le temps de partager leur vie quotidienne, leurs coutumes, leurs bonnes adresses, leurs recettes….les hôtes repartent souvent la larme à l’œil et promettent de revenir… C’est souvent le début d’une nouvelle histoire.
Des propositions d’activités et de circuits atypiques : par exemple, randonnées à vélo dans les pistes de Djerba, balades à dos d’ânes dans des régions oubliées du sud tunisien, rencontre avec la population, pique-nique dans les pistes au pied d’un olivier ou dans une palmeraie, arrêt dans des ateliers de fabrication typique (tisserand, vannerie…) pour développer l’économie de la famille locale qui a investi le peu de ses moyens pour produire et survivre…
Une offre sur mesure tout simplement : le client est roi ! et le client qui vient chez nous ne cherche pas la même chose que les autres donc nous sommes toujours dans l’innovation !



Pouvez- vous nous faire une petite synthèse sur la situation touristique du pays actuellement ? Au niveau institution (gouvernement, ministère du tourisme ? office de tourisme), y  a-t-il une stratégie pour migrer vers une autre forme de tourisme autre que le tourisme de masse. ?

La situation touristique est je dirais instable dans tous les sens du terme :

Les clients reviennent doucement tâter le terrain et se rendent compte par eux-mêmes qu’en fait à Djerba et dans le Sud tunisien tout va bien. Les médias jouent un rôle important sur les amalgames qui peuvent être faits entre mécontentement de la population sur le régime politique actuel et insécurité. Il faut relativiser. Les clients peuvent être encore plus en sécurité en Tunisie que dans certains quartiers de grandes villes mondiales. C’est la même chose quand il y a des manifestations en France ou des grèves, les touristes internationaux ne s’arrêtent pas à ces mouvements de population. Mais cela est nouveau dans le paysage tunisien. Il faut laisser le temps au temps.
Le gouvernement et les instances touristiques ont pris connaissance et conscience du fait qu’il faille proposer une offre touristique plus adaptée aux nouveaux besoins et envies des clients. Cela bouge un peu. Par contre, la route est longue et semée d’embûches : formation du personnel et des dirigeants, moyens financiers pour développer de nouvelles initiatives, respect de l’environnement et propreté du pays, mise en avant de la richesse du patrimoine local, création et promotion concrète des nouveaux produits touristiques à l’étranger (salon internationaux avec une image positive et innovante…).mais aussi au cœur même de la Tunisie. Les tunisiens ont le droit au voyage, et mieux encore, ils le réclament. Je profite de l’occasion pour vous remercier de promouvoir notre agence pour permettre aux tunisiens qui le demandent, de découvrir leur propre pays. Les français, eux-mêmes, représentent une part de marché énorme du tourisme en France. Alors que pour la Tunisie c’est le contraire ! Il faut donc inverser cette tendance.
En résumé, il faut changer les mentalités, celles du profit et de l’exclusivité des gros tours opérateurs étrangers. Nous avons vu les dégâts! A ce titre, c’est toute l’image de la destination low cost et bradée qu’est la Tunisie, qu’il faut changer! Le temps et le renouvellement des maîtres d’œuvres sont 2 éléments indispensables à la révolution touristique et à la renaissance de la Tunisie.

Avez-vous des concurrents sur le créneau du « tourisme autrement » pour réutiliser votre champ lexical ? Et comment vous positionnez vous par rapport à cette concurrence ?

Concrètement, nous n’avons pas de concurrents à proprement dit, nous pensons sincèrement qu’une étroite collaboration entre les différents acteurs du terrain est la seule solution pour faire marcher cette révolution. Cela passe par les guides, les restaurateurs locaux, les chauffeurs, les propriétaires d’hébergements locaux, de structures nautiques, la municipalité, le personnel d’entretien, d’accueil…Mais là encore, il faut tout changer car la mentalité ne change pas de si tôt. Nous avons la chance d’avoir sélectionné des prestataires de qualité, auxquels nous faisons confiance et qui nous font confiance aussi. Nous avons testé nos produits pour en parler concrètement. Nous proposons des hébergements que d’autres ne proposent pas par exemple, et nous avons créé des produits innovants et d’autres sont à venir mais ça c’est pour plus tard, donc on en reparlera le jour d’une autre interview.

Qui sont vos clients ? comment ont-ils connaissance de vos produits ?

Nos clients sont essentiellement français pour les produits que nous proposons car nous sommes présents commercialement en France, nous sommes très présents sur les salons, les réseaux sociaux mais pour nous aussi la route est longue et nous aspirons à vraiment toucher la clientèle tunisienne. Et encore merci de nous le permettre. Nos partenaires aussi sont les meilleurs ambassadeurs de notre qualité de travail et le bouche à oreille est notre consécration suprême. Les retombées sont là.
Pouvez-vous nous parler de votre stratégie de communication en général ?
Notre stratégie de communication est simple : nous venons de refaire tout notre site internet afin que nos (futurs) clients aient accès à toute la richesse et la diversité de nos offres, des idées de tarifs, le paiement en ligne sera d’ailleurs bientôt disponible pour surfer sur la tendance du e-tourisme. Nous faisons connaître nos produits via les salons internationaux (IFTM Top Résa, Mondial du tourisme à Paris, Salon des solidarités, des comités d’entreprise…) et les réseaux sociaux dans un premier temps. Nous comptons ensuite attaquer d’autres salons à l’étranger, les médias et les agences locales (tunisiennes et françaises essentiellement). Mais encore une fois, nous ne voulons pas faire du nombre, même s’il faut faire vivre l’agence, mais notre objectif est essentiellement faire du qualitatif à taille humaine.

Nous avons vu que vous avez une page sur Facebook, comment vous la gérez ? Êtes-vous présents sur d’autres réseaux sociaux ?

Nous alimentons notre compte et notre page Facebook au fur et à mesure des nouveautés. Mais nous n’avons pas encore étudié toutes les opportunités qu’offrent ces réseaux sociaux.  D’ailleurs, nous ne nous sommes pas encore penchés sur le réseau Twitter mais nous sommes présents sur le réseau professionnel de Viadeo.

Quelle est l’impact des réseaux sociaux sur votre quotidien (partenariat / chiffre d’affaire…) ?

Il faut avouer que Facebook représente une mine d’informations sur tous les prestataires qui sont présents en Tunisie et représente un outil de communication pour se faire connaître vraiment indispensable. Nous avons d’ailleurs pu élargir notre palette de partenaires grâce à ce site. Par contre, pour la clientèle à proprement dit, cela reste mitigé, nous ne touchons pas directement une clientèle qui recherche concrètement une autre offre. C’est une clientèle plutôt curieuse, qui veut des idées de tarifs mais qui terminent par partir avec des gros tour opérateurs français car les prix sont souvent, mais tout le temps, plus attractifs. Toujours est-il que nous avons plus de retombées sur la clientèle tunisienne qui recherche plutôt des hébergements et non des packages vol + hébergement. Du fait de l’absence d’aérien, nous devenons plus compétitifs. D’ailleurs nous avons de la demande également sur de l’out-going, pour les tunisiens (voyages de noces, voyages d’affaires, circuits sur mesure…)

Comment qualifier la communication web de vos concurrents ? Que pensez-vous des portails et annuaires touristiques ?

Je vous avouerais que nous ne portons pas plus d’importance que ça à nos concurrents car comme je vous l’ai dit, nous ne proposons pas la même chose. Si nous avons une demande disons standard (hôtellerie) nous regarderons à la rigueur le tarif affiché par les autres mais cela ne reste pas une obsession.
Concernant les annuaires, ils ne sont malheureusement pas souvent mis à jour, quand ils ne sont pas redondants ou inactifs. Le seul intérêt que nous y voyons sera pour optimiser notre référencement internet. A voir.

Comptez-vous collaborer avec des blogs de voyageurs en vue de profiter de leurs avis ?

Idem, nous n’y avons pas encore réfléchi.

Depuis 2011, le web tunisien est en mutation : la présence des sites d’achats groupés (du style Groupon en France) se font de plus en plus nombreux… est ce que l’idée de faire appel à un de ces sites vous viendrait en tête ?

Surtout pas ! Il faut voir les prix qu’ils demandent aux prestataires -70%. C’est impossible, nous sommes prestataires de services et il est hors de questions de brader nos prix pour faire du chiffre car cela se fait toujours au détriment soit de la qualité, soit de l’hôtelier, du restaurateur…Nous avons été démarchés, je les réoriente donc directement vers les partenaires. Encore une fois, nous luttons contre l’image d’une Tunisie au rabais, nous nous interdisons donc ce type de marchés.

Nous avons vu que vous avez participé au 4ème salon des solidarités à Paris, parlez nous de ce salon, et des suites que vous comptez y donner.

Une magnifique aventure ! Comme je vous le disais, nous cherchons à développer un tourisme local. Rien de mieux que de proposer des séjours et des circuits en immersion totale. C’est chose faite en participant à ce salon des solidarités. En collaboration avec cette magnifique et dynamique association qu’est la voix del’enfant de Gabes, nous avons construit un séjour au cours duquel les clients soucieux de vivre au plus proche de la population, découvrir les actions locales et encore mieux de s’y investir, pourront le faire ! En quelque sorte : un voyage utile. Les voyageurs apporteront dans leurs bagages, en plus de leur crème solaire et leur chapeau, du matériel scolaire pour aider les écoles de la région, des tissus non utilisés pour que les familles fabriquent des vêtements et les revendre, etc…Nous sommes plus dans une démarche de tourisme responsable.
Le produit en a séduit plus d’un, nous envisageons donc de le développer et de l’élargir à d’autres régions oubliées du tourisme et du développement.

Donnez nous une idée sur votre développement futur.

Koul chey bel mekoub ! Nous nous efforçons d’offrir un large panel de séjours à thème très riches et variés (sport, culture, aventure...) qui s’adressent à tous. Nous espérons donc sincèrement que nos produits en attente voient le jour rapidement et répondent à toute la clientèle. D’ailleurs un séjour « sophrologie et aromathérapie » vient d’être mis en ligne donc avis à tous les amateurs et amatrices francophones. Vous êtes les bienvenus !

Merci d’avoir répondu aux questions de SurfnTaste
Aichek surfntaste de vous être penché sur notre agence et espérons que vos lecteurs n’auront qu’une envie : celle de découvrir Djerba et ses alentours autrement.


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